mardi 14 avril 2015

Vampyros Lesbos - Jesus Franco



"Vampyros Lesbos" est l’œuvre charnière d'une longue, très longue filmographie d'un cinéaste fou, faiseur d'images compulsif. Jesus Franco avait déjà délaissé le classicisme de ses premières productions fantastiques (que je conseille chaudement au passage, rien que pour "Le Sadique Baron Von Klaus") mais n'avait pas encore franchi les barrières de la folie lors de son passage dans la boite de production Eurociné, coupable des pires forfaitures cinématographiques européennes.

Derrière une histoire assez décousue partagée entre l'héritage de Dracula envers une comtesse, des problèmes de couple et de l'occultisme cheap, on suit les aventures d'une femme d'affaires partagée entre la normalité de son couple et l'attirance extrêmement forte envers une femme vampire (interprétée par la très troublante Soledad Miranda, disparue malheureusement bien trop tôt). Tout cela se passe étrangement en Turquie, dans un Istanbul brumeux, mais pourtant très joliment filmé.
Mais pourtant, Franco ne fait jamais rien comme tout le monde et si on devait synthétiser son œuvre en deux mots, ce serait : approximation et fascination.

Approximatif car le scénario du film tient sur un timbre poste. La narration ainsi que les ressorts scénaristiques n'ont jamais été les forts du cinéaste ibérique. A y voir de trop près, Franco n'a pas grand chose à dire, si ce n'est recontextualiser une partie du mythe de Dracula en Orient et en offrir une lecture plus contemporaine. Contemporaine mais dépassée car tout respire l'époque des années 1960 et 1970 à plein nez, notamment celle du Flower Power avec ses baignades, son soleil et son ambiance érotique moite. Contemporaine mais dépassée, car la symbolique est parfois grossière, parfois dépassée dans le contexte du flower power. On peut également déplorer les tics habituels du réalisateur comme l'abus de zooms et de dézooms qui vous font facilement perdre deux dixièmes à chaque oeil, sans parler de digressions verbales pas souvent les plus bienvenues.


Du minimalisme, certes, mais quand même de la classe !


Mais ce film reste fascinant à plus d'un titre, et ce film reste même.... bon. Oui, un bon film, un vrai bon film fantastique. Car il faut également reconnaître que si Jesus Franco a toute sa place sur un site tel que nanarland, il a également été pressenti comme le futur génie du cinéma espagnol. Préférant volontairement la forme au fond, Franco traite son film tout simplement comme une œuvre d'art cubiste, avec beaucoup de plans inventifs, des effets artistiques bien cheaps mais paradoxalement très réussis, une attention particulière ayant été employée sur la photographie. La musique est superbe à défaut d'être classique et prolonge l'état de béatitude devant un film très beau, ultra immersif. La sauce prends pourtant, et telle une fièvre, on est perché à une histoire érotique entre les deux femmes, d'où découle une réelle tension et une ambiance à la frontière de la sensualité et du malsain... alors que le scénario tient dans un timbre poste. "Vampyros Lesbos" est avant tout un travail de l'image et de l'ambiance d'une certaine époque, et il faut à mon avis le voir pour ce qu'il est si on souhaite y prendre un réel plaisir. Franco a un véritable talent pour poser des ambiances psychédéliques et oniriques, iconiser ses actrices lors de séquences érotiques efficaces avec une utilisation des bandes sonores intéressante et hypnotique.

Au final, on peut même s'avancer à dire que "Vampyros" est un film fort bien construit dans sa portée artistique, et malgré les lacunes formelles, le pari du réalisateur de créer un univers fantastique unique et personnel est réussi.

Parce que Soledad, c'était la perfection ibérique

Basket Case (aka "Frère de sang") - Frank Henenlotter



Le cinéphile bisseux a souvent un film bien rangé, qui prend la poussière et n'attends sagement plus qu'une chose : être visionné dans de bonnes conditions. Un film culte bien souvent, précédé par une réputation que l'on rencontre régulièrement dans des canards spécialisés dans la tripaille ou des webzines douteux. « Il faut vraiment que je me le matte » se dit-on avant d'aussitôt oublier cette maigre résolution. Des fois, on y pense, mais on est fatigué ou alors on a pas vraiment la tête à ça. Et les mois passent, voire des années. À force, on en oublie carrément le synopsis. Dans mon cas, Basket Case était ce genre de film,que l'on maudit presque au fil du temps. Pourtant, j'adore les films d'horreur de série Z, surtout ceux qui commencent un peu à dater. 

Premier film du réalisateur du sympathique et cultissime Elmer, Franck Henenlotter signe en 1982 sa première œuvre horrifique qui prends place dans un New York crasseux en diable. Une première œuvre qui divise désormais un public en deux avis tranchés : D'un côté, nous avons un film culte, malsain et bien empaqueté malgré un manque flagrant de moyens. De l'autre, un métrage résolument bancal, tourné à la va-vite et tellement maladroit que l'on se trouve aux portes du nanar. Chef d'oeuvre trash ou nanar eighties ? Le film vaut en tout cas un visionnage, et ma première rencontre avec l'objet fut une surprise en deux temps. 

Je suis habitué aux séries Z d'horreur et aux conditions d'époques (une VHS usée, un son mono et un Coca), mais il faut avouer que la première demi-heure est loin d'annoncer un chef d’œuvre. Les dialogues sont assez longuets et inintéressants, la trame se met trop lentement en route et on se retrouve à faire face aux principaux défauts du film. Le manque de moyens, tant humain que technique, se fait durement sentir dès les premières minutes. Il n'y a vraiment pas un rond, c'est le cas de le dire et on peut très vite faire une liste de ce qui ne va vraiment pas : décors limités et stériles, couleurs ternes, amateurisme de la mise en scène, acteurs non professionnels cabotins, effets spéciaux particulièrement cheapos (du latex cru, du jus de tomate et du stop motion...). Il faut bien l'avouer, ça s'annonce mal. Même en s'y attendant, on se dit : "ah ouais, quand même !" 

Ah greuh greuh !


Pourtant, on se retrouve assez rapidement au générique après une dernière séquence d'anthologie, un petit sourire en coin. Bizarre ? Non, pas vraiment, car le film a décidé de finalement démarrer et de mettre au jour ses qualités au fur et à mesure après la découverte visuelle de l’élément perturbateur. Malgré tous ses défauts et bizarreries inhérents à la série Z, le film possède une trame narrative plus travaillée qu'il n'y paraît. Les différentes séquences entre meurtres, flash backs et relations humaines s'imbriquent naturellement dans une ambiance poisseuse et malsaine. Les meurtres sont imaginatifs, parfois originaux, les personnages rarement figuratifs et c'est un petit tour de force pour un film qui sent si fort l'amateurisme. Plus fort encore, on sent réellement quelque chose d'organique et de viscéral malgré le latex et le ketchup, et c'est bien la nature même d'un film d'horreur, les hurlements du frère siamois dégueulent littéralement, les meurtres sont brutaux et la crasse sort littéralement des murs de l’hôtel minable où loge le duo infernal. 

Le contexte du cinéma américain des années 1980 aide également beaucoup à la renommée, et finalement à la qualité de Basket Case : c'est sombre, sale et rampant (dans tous les sens du terme). Le New York de ces années là avait quelque chose de dérangeant, et ce film le retranscrit assez fidèlement dans son atmosphère. On peut rire du cabotinage des acteurs et des effets spéciaux, mais il faut avouer que ce film possède une aura forte et poignante (à défaut d'originalité) sur les thème des frères siamois. Plus encore, certaines séquences sont fortes au point de devenir iconiques comme la séparation des deux frères ou celle du rêve, fantasmagorique et quasiment poétique, qui est un vrai bon moment de cinéma. 

Si j'avais à le noter, j'y collerais volontiers un sept sur dix : Un ratage sur le papier largement rattrapé par de bonnes idées, une bonne volonté communicative ainsi que quelques fulgurances qu'il serait malhonnête de taire. Néanmoins, en contextualisant ce film dans son époque, tant sociale que cinématographique, le six serait plutôt de rigueur. Il ne faut pas oublier que Basket Case n'est qu'un avant-goût, bien imparfait, du délirant et très bon Elmer, qui va plus loin dans la thématique de la perversion organique. Si l'on veut aussi une Amérique décadente, un New York crade et poisseux pour lequel ce film tire aussi son statut de film légendaire, il y a bien d'autres films d'horreur à connotation trash qui retranscrivent cette ambiance d'une meilleure façon. Je pense bien sûr à Driller Killer de Ferrara, au traumatisant Combat Shock sorti étrangement sur le catalogue Troma. On peut aussi penser aux peep shows infâmes du slasher Nightmare de Scavolini. Et si l'on veut rire tout en se vidant les tripes, autant aller vers le cultissime Street Trash

Au final, quand on prend Basket Case pour ce que c'est, une série Z sans le sou mais qui veut bien faire et réussit en (bonne) partie son pari : C'est franchement un bon film d'horreur. Truffé de défauts et d’incongruités, certes, mais un vrai bon film de genre quand même qui saura combler les attentes des bisseux et autres aventuriers de l'extrême.

jeudi 19 avril 2012

"La Mine d'Or Perdue" - Robert Bradbury

Dans la nuit d'un samedi à Rouen, à l'heure où les chauffeurs de bus nocturnes rentrent chez eux et que les étudiants vomissent leurs restes de bière ingurgitée à la Boite à Bières ou au Delirium Tremens. Un groupe restreint de jeunes hommes se terre dans un appartement vicié par la transpiration, les réminiscences de rires salvateurs ainsi que par les effluves de Jenlain ambrée. Ils se regardent béats, voire même assez confus. Quelques rires nerveux souhaitent apaiser la tension accumulée depuis le début de la soirée, mais en vain. Peu attirés par les psychotropes, ils avaient tout de même soif d'expérimentations visuelles. Peu sensibles au millénarisme mystique, ils recherchaient dans le septième art un absolu dénué de toutes frontières psychiques connues. 
Ces gens, ce groupe, était en quête de vérités cachées, d'une sagesse hétérodoxe. 
Ce groupe se faisait sa soirée nanars avec quelques bières. 
Un participant, un film. 
Un absolu.

Ça a commencé d'abord gentiment, comme un cantique avant le Lacrimosa épique ; Et si on avait pas trop eu de mal à le bouffer d'une traite étant gamins, il faut quand même avouer que Street Fighter passe nettement moins bien une fois le quart de siècle entamé. Et quelques bières avec. C'est ridiculement dualiste, faux-cul et bourrin que ça fait quand même assez mal malgré un aspect mainstream prononcé, et ça a surtout mal vieilli en quinze ans. Alors que ce n'était que le commencement, une pause semblait déjà s'imposer. Ce n'était sans compter sur l'intervention d'un de nos amis que la soirée se mit à nager dans le plus joyeux n'importe quoi :

Et nous regardions notre ami d'un air interrogateur


 "C'est quoi le prochain ? demanda en chœur l'assemblée présente.
- Un western avec John Wayne. C'est très vieux : 1934" répondit notre ami que nous appellerons Michael. A noter qu'il faut prononcer ce nom à l'américaine pour plus de consistance, mais cela n'est pas très utile vu que c'est la dernière fois que nous ferons allusion à ce Michael (toujours prononcer à l'américaine). 
John Wayne ? Western ? Nanar ?

Il est plutôt rare qu'en évoquant le doux mot de "nanar", on songe premièrement à John Wayne. On pense plutôt aux films de ninja de la firme IFD, aux Uwe Boll, aux Van Damme post 1995, aux Max Pecasseries françaises ou encore à Ed Wood si on veut se la jouer old school. Et pourtant... Et pourtant, il faut bien se rappeler que la carrière de John Wayne ne s'arrête pas aux classiques du genre signés John Ford (La Chevauchée Fantastique, Le Massacre du Fort Apache) ou encore Rio Bravo. La jeune carrière de l'acteur inscrit au top 25 de l'AFI a démarré de manière plutôt chaotique : habitué dès le début à des rôles de cowboy chanteur, de héros de série B sans la moindre consistance, et surtout d'embrouilles avec sociétés de production (Colombia, Fox...), il enchainait des contrats parfois assez délirants pour des cachets très relatifs. Il allait tourner huit westerns dans la seule année 1933 pour 2500$ (une belle somme pour l'époque mais pas des masses non plus).

La jaquette française du DVD, d'une présentation classieuse, à ranger entre le coffret Director's Cut Blue-Ray de "Blade Runner" et "Bagdad Café"

Le film se lança, et bien avant d'avoir un aperçu du scénario, du jeu des acteurs ou même de la technique d'époque, premier choc : les couleurs, ou plus précisément le procédé de colorisation. Car oui, il FAUT le regarder en version colorisée, et en VF de préférence. Il existe dans l'histoire du cinéma de nombreux films tournés à l'origine en noir et blanc, puis ensuite colorisés pour en général faciliter une diffusion télé. L'un des meilleurs exemples reste La Grande Vadrouille. Si nous devions comparer ce dernier à un matériau de peinture, ce serait l'aquarelle, nuancée, légère et fine. Dès que le générique (à la musique horripilante) de La Mine d'Or Perdue se termine, nous avons le droit à... de la gouache. Oui, de la gouache, au sens propre. Il semble qu'un magma épais et boueux de gouache ait été appliquée à même la pellicule afin d'en faire ressortir des couleurs encore inconnues de l’œil humain. C'est surtout dramatique lorsque l'on parle des couleurs chaudes : Le "bleu" turquoise du ciel est tellement envahissant qu'il ronge littéralement la cime des arbres qui se trouvent sur le même plan. Le "jaune" du sable en est fangeux au point de ressembler à une mare de yaourt vanille que l'on aurait fait tomber sur le sol, tandis que le "vert" fait passer une végétation clairsemée pour une forêt tropicale. Trop c'est trop ? Non ! Le travail a été accompli par de véritables sagouins. Si le personnage est filmé en plan américain, son jean est bleu, et sa chemise est rouge. Si le plan est éloigné, nous ne verrons qu'un personnage flou aux vêtements vaguement teints en la seule couleur rouge... Pourquoi se casser la tête à faire dans le détail ? L'image est de toute façon DE-GUEU-LASSE

Il sera beaucoup question d'eau (saveur gouache) dans ce film.
On voit tout de suite d'où l'hallucination finale d''Easy Rider" tire son influence
Collection Klondike, printemps-été 1934
In-A-Gadda-Da-Vida !!





Les dix premières minutes sont absolument catastrophiques et nous ont égaré à mi-chemin entre le fou-rire et la consternation. Le film s'ouvre sans la moindre forme de présentation sur un dialogue entre John Wayne et un vieil homme que l'on verra en tout et pour tout qu'une minute et demi. Étant présenté comme l'ami de son père en un clin d’œil, cet anonyme charge notre héros sans peur ni reproche d'une mission ; Il devra aller dans le nord du Canada chercher la fille de son frère. Ce dernier se disputait avec le vieil homme la main d'une femme il y a de ça vingt ans, et le frère a gagné la manche pour finalement s'installer avec elle chez les Canadiens. La femme est morte, le frère a disparu dans de "mystérieuses circonstances" et leur fille Marie ("sa mère s'appelait Marie, et j'ai comme l'intuition qu'elle porte le même prénom" ah...) doit être retrouvée pour qu'elle puisse toucher l'héritage du vieillard. Il semblerait que notre conteur ne soit pas plus inquiet que ça à propos de la disparition de son frère, partant déjà de l'hypothèse qu'il soit mort. Ouais, parce qu'on parle de la désagrégation des liens familiaux dans nos sociétés modernes, tout ça, mais ça semblait déjà exister dans les années 1930.

Rajoutez à cela un doublage désastreux qui, sans atteindre le niveau délirant de Jaguar Force Thunderbolt, permet tout de même de créer un décalage consistant entre l'image et le son. Très peu de bruitages, quasiment pas de profondeur, dans un beau mono des familles, les voix semblent jouer le jeu des documentaires animaliers diffusées sur des chaînes locales, tout en rajoutant paradoxalement des tonnes. Le tout se rapproche de doubleurs neurasthéniques sous le coup de substances hollandaises. On croirait rêver... 

"Écoute John, prenons une pose badass et expliquons l'intégralité du scénario en moins de cinquante secondes"

Et à partir de là, le scénariste part en vacances, et le metteur en scène se met à la cocaïne. A la troisième minute du film, nous voilà très brutalement introduits dans une séquence se déroulant dans un train, avec John Wayne, en costume lisant un journal dans une pose très virile. Il y croise par hasard un de ses amis de l'université, Wabi,  qui, visiblement, a mieux à faire que de discuter avec le protagoniste, pour aller jouer une partie de poker truquée. La supercherie mise à jour, une bagarre éclate et John Wayne intervient pour tirer du pétrin son ami. Dos au mur, ils sautent du train en marche dans une rivière. Nous en sommes à la cinquième minute à peine. Pourtant perdus dans l'immensité des forêts canadiennes, nos amis se souviennent d'un petit village à deux pas qui leur fourniront chevaux et vêtements en un clin d’œil.

Et en parlant de vêtements... C'est un festival !
Il semblerait alors qu'à l'époque, les moyens de communications étaient aussi performants qu'à l'heure actuelle, puisque la police montée est déjà à la recherche de John Wayne et de Wabi... Depuis la séquence du saut du train, une minute... Une course-poursuite à cheval, hallucinante, prend alors lieu dans des décors horribles à la gouache sur fond de musique horripilante, en accéléré. Là où la trame du scénario était expédiée en quelques secondes, cette séquence action, totalement ridicule, s'éternise avant de voir nos deux héros s'échapper en envoyant manu-militari leurs cheveux dans... l'eau... à la verticale... sans que les montures n'aient le moindre réflexe de peur à l'idée de se jeter à l'eau... A le voir pour y croire, voici d'ailleurs un court extrait vidéo.



... Et nous n'en sommes qu'à... neuf minutes de métrage... générique compris... Vous avez suivi ? Le fil narratif change quelque peu par la suite, après que le cadavre du frère ait été retrouvé ainsi qu'un plan de mine d'or perdue en sa possession. La mise en scène, et des squelettes plutôt réalistes pour l'époque, en mettent des tonnes afin de provoquer le suspens et l'appréhension à la vue de ce parchemin... alors que le titre du film dit tout. Si le film devient moins épileptique, il devient néanmoins de plus en plus anarchique et stupide.

Au moment où Wabi retrouve les siens à Wabinosh House (quoi ?), à deux pas du lieu du crime dont on ne reparlera jamais, les choses deviennent de plus en plus floues. Hormis pendant à peine une cinquantaine de secondes en quarante minutes, la recherche de Marie passe totalement à la trappe pour s'intéresser à cette mine d'or. Qui dit or, dit gredins qui souhaitent s'en emparer, et tout de suite, le seul nom français de Wabinosh House vend la mèche à des potes trappeurs afin de fomenter un complot en vue de s'en mettre plein les fouilles. On rarement vu de situations aussi téléphonées en à peine cinq minutes.


Toute l'intensité des scènes d'action : de la mollesse, de la mauvaise musique et des actions stupides


Jusqu'à la confrontation finale, le film va donc se décomposer entre scènes d'actions mal mises en scène et de vagues éléments scénaristiques mal pensés ; Et on retombe dans les travers des premières séquences, à savoir des scènes d'actions qui accumulent le remplissages et les longueurs, et des intrigues expédiées en un temps record. Si le chemin de Wabinosh House à la mine d'or met plusieurs minutes à se faire sans dialogues, les sentiments que nourrit Wabi envers la seule femme du village (interprétée par Yulia Tymoshenko, mais avec des cheveux jaunes pastis, oui, oui) sont divulgués et réglés en trente secondes chrono. Et quand je dis trente secondes, je n'exagère RIEN :
"Tu n'es pas jalouse, tout de même ?
- Oh ! Quoi ? Pas du tout ! 
- Nos relations ne sont plus les mêmes depuis que je suis revenu... Il [John Wayne] a toute mon estime, c'est lui qui m'a sauvé la vie, mais pas question qu'il se faufile entre nous deux !
- Pourquoi Wabi ? Jamais il n'était question d'amour entre nous, du moins, pas pour moi."
Et voilà, c'est réglé. Dialogue entier, et authentique entre Wabi et Yulia, dont les cheveux ont souffert lors de sa détention... Comment ça, vous me croyez pas que c'est elle ?   

Mais si ! C'est elle !
Mais puisque je le dis ! C'est la même coupe !

 Un jeu de chat et de la souris, particulièrement lassant, est alors engagé entre les truands et les cowboys. On passe alors de leur repère à Wabinosh House sans arrêt, en passant par de sempiternelles rivières et forêts mal colorées. Le schéma est alors répété à plusieurs reprises avec peu de changements à chaque fois, ce qui ajoute lassitude et répétition à un semblant de scénario qui était déjà bien perché à l'origine. Il convient également de noter que les gentils sont tous affublés de patronymes typiquement anglo-saxons, tandis que les truands ne sont jamais appelés "bandits", ni "voyous", mais simplement... "trappeurs". Et qui dit "trappeurs" dit... "Français" ! Tandis que Rob Drew, Waby, Felice Newsome et autres Ryan font respecter leur conception de la justice, du Bien et de la loi, ces salauds de français ne pensent qu'à voler et ne rien faire de leurs journées. Ah qu'ils sont méchants les Jules La Rocque, Marie Lafleur et autres Benoit ! Ils poussent le vice jusqu'à embaucher ces sauvages d'indiens pour kidnapper l'ancienne première ministre d'Ukraine.
Ah ! Les salauds !

On aura vu plus précis comme carte sensée révéler un trésor

Les méchants, aux patronymes évidemment franchouillards et aux goûts vestimentaires certains
Vous avez du sûrement le remarquer, mais en dix minutes, nos deux protagonistes ont mouillé la chemise pour se tirer d'un mauvais tour. Véritable leitmotiv du film, les séances de raftings, de canoé, de barque, de nage, de sauvetage, ainsi que tout type imaginable d'activité aquatique, prennent décidément le pas sur l'ensemble du scénario, nous faisant comprendre que cette eau si pure, si bleue, si gouach', a certainement plus d'intérêt que l'intrique. Si les lectures mythologiques et religieuses des symboles sont quelque peu tombées en désuétude en ces temps, ce film a l'avantage de les remettre au goût du jour. L'eau, qui parcourt en long en long cette intense œuvre de cinéma, a t-elle pour dessein de purifier les forces du mal sur la Terre (de Wabinosh House) ? Est-elle destructrice comme dans les épopées mésopotamiennes ou le judaïsme puisque nombre de personnages manquent d'y trouver la mort ?
...Ou alors est-ce que parce que le metteur en scène n'avait aucune autre idée plus intelligente que de casser le rythme de l'action, pourtant déjà bien pauvre, avec des courses-poursuites en... barque ? 

Je ne m'étendrais pas sur le jeu d'acteur qui est un critère essentiel d'une catégorisation, ou non, d'un métrage en nanars ; Il est difficile de dire que tel ou tel jeu est nanars sur un film aussi ancien, à une époque où les expressionnistes allemands en faisaient des tonnes. Même si deux ou trois gredins ont une sympathique bouille, ainsi qu'une façon absolument ridicule de se mouvoir (le chef des trappeurs, Jules, a une étonnante marche en forme de "canard"), la plupart des acteurs abattent sans trop de peine leur travail et il est difficile de se faire une juste idée avec des doublages aussi envahissants (qui, eux, certes, sont vraiment nanars).

Rares moments de jeux d'acteurs nanars, ces deux vilains remplissent un quota cabotinage minimum, mais assez respectable.
Et puisque les méchants sont vraiment trop méchants, et que les gentils sont vraiment trop gentils, le film se termine par le cliché habituel de tout film de western : une fusillade (horriblement mal filmée et mise en scène) générale pour le sort de Wanibosh House, amas minable de deux poussiéreuses cabanes en rondin, comportant la cachette du sachet semi-rempli d'or de la mine perdue. Et puisque les gentils sont très gentils, et que les méchants vraiment trop méchants, ces derniers se font tataner le derrière dans un final particulièrement crétin et mal filmé (toujours en accéléré, bien sûr).

Et Marie dans tout ça ? Oui, Marie, la fille que John Wayne était sensé retrouver au début du film, avec le vieillard... oui, le vieillard, élément déclencheur de tout ça, qu'on a vu une minute dans tout ce fichu film. Et bien, en quelques secondes, une explication est rapidement trouvée, et tadam ! Yulia Tymoschenko devient... Marie... Proprement édifiant. 

Les lumières se rallument. 55 minutes de métrages se sont déroulées sous nos yeux ébahis, et cette toute petite heure a suffi pour irrémédiablement bouleverser notre conception du western, des cowboys virils et des courses-poursuites de chevaux à travers une rivière. D'âpres débats suivirent : Quelle est la symbolique de l'eau dans La Mine d'Or Perdue ? Quelle place occupait Wabinosh House dans l'univers mental des protagonistes ? Ce film était-il l'élément déclencheur de la carrière cinématographique de Terrence Malick ? Est-ce que quelqu'un voulait se resservir une bière ?

Ce film est vraiment humide...
Voila pour cette première chronique qui arrive bien tard, j'en suis bien désolé. Et à bientôt les amis !

samedi 19 novembre 2011

VIDEOTHON, un vibrant hommage à des temps oubliés (à défaut d'être lointains)

Cette affiche a été réalisée en 2011 et non en 1989
Je tiens à partager une chouette production maison initiée par le tenant du très bon blog Videotopsy, lequel nous offre déjà des articles de bonne facture sur des pans oubliés du cinéma mondial (des films mêlant porno et univers tyrolien ? Il fallait y penser !) 

Une compilation de 90 minutes de bandes annonces variées et diverses des années 80 et 90. Qu'il s'agisse de films d'actions navrant avec Hulk Holgan, de films d'horreur oubliés, de thrillers qui titillent positivement la curiosité, de blockbusters, de séries kitch ou encore de comédies sentimentales, Videothon considère qu'il en faut pour tous les goûts et du coup, le résultat n'en est que bon. Plus qu'un banal patchwork, c'est une véritable ôde à cette époque révolue de la VHS et des boutiques de locations vidéo qui ont fait le bonheur de nombre de cinéphiles. On pourra rencontrer entre deux bandes-annonces des publicités ainsi que des jingles pour éditeurs vidéos qui rappelleront un paquet de souvenirs. La parité entre les genres et les époques est ma foi bien respectée ce qui fait que l'on ne s'ennuie jamais.
Un excellent montage, mais où, très personnellement, j'aurais bien apprécié retrouver le petit jingle de Fil à Film, qui est aux abonnés absents. Éditeur connu pour avoir touché beaucoup à tout mais surtout à n'importe quoi et qui a inondé énormément de placards de France et de Navarre grâce à des prix plus bas. Des dessins animés Sab Rider et autres séries Maskman aux films d'arts martiaux et actionner bons comme incroyablement mauvais sans parler des nanars et des films d'horreur, ces cassettes tantôt blanches, tantôt rouges m'ont accompagné durant une bonne douzaine d'années.



L'adresse pour télécharger cette petite pépite, et accessoirement pour venir faire un tour sur Videotopsy : ICI

J'en profite pour faire un petit aparté sur le format VHS, qui est une thématique essentielle de Videothon, et surtout car j'en ai fait mention plusieurs fois en seulement deux articles et ça viendra encore régulièrement vu la nature des prochains articles : Nostalgique, oui. Fanatique, certainement pas (je cherche quand même un nouveau magnétoscope). 

Déjà, c'est encombrant, et puis c'est gros et lourd. Et j'ai aussi envie de dire que c'est moche. L'image se dégrade super vite, il faut constamment rembobiner et y a pas de bonus. La nature du format ne permet que très rarement la version originale sous-titrée. Et surtout, si ça tombe une fois, tu peux être sûr que c'est foutu et que ça va te coûter encore 160 francs (nouveaux, je précise, hein) pour remplacer l'originale. Bref, comparer ça au DVD qui annule ces défauts, c'est comme choisir entre passer le samedi soir avec une belle blonde et regarder Vivement Dimanche chez soi tout seul comme un con par un beau soleil. Le DVD est devenu vraiment pas cher, s'est vite démocratisé, regorge de catalogues immenses, a une belle image, la possibilité de langues, de bonus... Bref, c'est mieux. 

L'attrait de nos jours pour la VHS s'explique pour deux principales raisons : La première, c'est la possibilité de se procurer des films qui n'ont pas (encore, ou certainement jamais) été réédités en format numérique. Après, il faut encore mettre la main dessus (comme la belle blonde mais ça, c'est une autre histoire). Malgré l'existence actuelle d'un nombre incalculable d'éditeurs dans le monde, il en existe encore un paquet : l'édition VHS du chef-d’œuvre "Fantasia" de Disney est extrêmement recherchée (et coûte très cher), mais aussi des films fantastiques (qui connait de nos jours l'étrange "La Goulve" de Bepi Fontana ?), bis et autres nanars. 
La seconde raison, celle qui anime la réalisation de Videothon par exemple, est tout simplement le fait que la VHS est un symbole, celui d'une époque où les boutiques de locations faisaient partie des occupations du week-end. Où l'on était bien obligé de se farcir les bandes-annonces, même en accéléré (et donc, que l'on revoyait sans cesse à chaque visionnage, sans jamais voir, ni même croiser une seule copie par exemple).
Une époque où les après-midi entre ados devant un "Braindead" filouté ou devant un "L'Enfer des Zombies" soirées entre potes devant un film étaient plus fréquentes qu'aujourd'hui avec l'arrivée des films visionnés de plus en plus sur ordinateur tout en navigant sur Facebook, entre un jeux flash et Vie De Merde.

jeudi 17 novembre 2011

Les Fournisseurs (avec un grand F comme foutraque)

Avec le temps, je me suis mis à rechercher au plus profond des abysses la pierre précieuse, d'abord sale et sombre qui, une fois taillée, se présentera comme un travail d'orfèvre unique au monde. Cette sainte recherche, comparable à celle de la jeunesse éternelle, est le métrage ultime ; Celui qui explose absolument toutes les barrières esthétiques et mentales, qui vous fait faire d'un bond un violent retour vers le stade anal une fois le générique du début passé. Un visionnage qui s'apparente plus à l'ingestion de narcotiques asiatiques frelatés qu'à une banale session estampillée "ciné". Cette dose quasi-fatale va vous faire passer une nuit blanche à vous demander :

Putain, mais c'était quoi ce film ?





Ce sentiment, à mi-chemin entre la peur et le dédoublement de personnalité est familier de ces nouveaux chercheurs d'or dont je fais moi-même partie. Celui-là même qui me pousse à parler lors de soirées entre amis de mes dernières trouvailles, de les présenter avec passion, et de recevoir des réponses aussi variées qu'originales : "Hhhhmm...", "Ah...", "Mais c'est quoi encore que ce truc, sérieux ?". Ok, en général, je passe pour un original pour ne pas dire autre chose, mais je m'en fous moi, je suis un aventurier de l'extrême, je brave les éléments et je vis mille aventures au pays des monstres en carton, des ninjas du dimanche, de nymphomanes japonaises robot-geishas et des zombies philippins. Tout ça pour leur faire partager un bon moment en compagnie d'un "RoboGeisha", d'un "Flic ou Ninja" ou encore d'infâmes peloches expérimentales asiatiques (le très éprouvant "Funky Forest") devant lesquelles on se pose des questions ma foi assez pertinentes sur le genre humain.
Ainsi que sur mon propre équilibre mental.

Ça peut être un gros nanar des familles en général, tout comme ça peut être aussi un film considéré par la critique parisienne comme "sérieux" mais tellement barré que ça laisse le spectateur lambda complètement pantois. 
Ceci est un nanar [Ninja Terminator]

Ceci n'est pas un nanar (ah ?)

Mais ouateuh zeuh... ??!!??!? [Funky Forest]
En tout cas, il faut que ce soit extrême.
M'enfin, tout ça pour dire que...
Tu vas encore nous jouer du pipeau longtemps ? [Flic ou Ninja, aux répliques sublimes]
 Oui-oui-oui, je sais, je parle, je digresse, tout ça pour dire que lors de ces intenses séances de surréalisme cinématographique et d'échanges avec mes interlocuteurs, une question revient très régulièrement, si ce n'est pas à chaque fois : "Tu les trouves où tous ces trucs de fous furieux ?". Vous aurez compris à cette police d'écriture qu'il semblerait que je sois capable d'aller vendre un rein pour aller acheter quelques-uns de ces films dans une cave tenue par un mafieux Roumain (je le suis moi-même, ne criez pas au racisme !! Comment-ça je crie aussi ?). 

Il n'est pas question ici de savoir comment je les connais, car lire une chronique dans le magazine Mad Movies, ou encore sur Devildead et Nanarland, c'est une chose. Les trouver en est une autre. Et ici, je ne parle pas seulement de nanar, mais également des bons bis, des bons films d'exploitation ainsi que d'autres curiosités que l'on peut décemment nommer "bons films".


Au cinéma :

D'emblée, c'est un conseil qui pourrait vous paraître stupide, car c'est vrai qu'un complexe de cinéma n'est pas forcément la chose la plus introuvable qui soit. Et pourtant, l'activité des salles obscures françaises ne s'arrête pas seulement à celle des multiplexes, qui offrent pourtant encore de bons films. Des salles à échelle plus modeste, savent encore programmer de bons petits films, oubliés comme n'étant pas jugés assez attractifs financièrement parlant. A vous de chercher dans vos villes et vos campagnes quels cinémas sont les plus à même de vous fournir en séances sympas. Pour cela, le site allocine.fr suffit amplement en y tapant votre département (ou votre ville) dans la barre de recherche. Étant Rouennais de naissance, je ne peux que conseiller le Melville qui programme toujours des films indépendants, étrangers, et l'Omnia République qui en plus d'une programmation à contrecourants, accueille régulièrement l'Absurde Séance de Rouen, qui offre régulièrement des soirées série B, série Z et nanars. Il faut également noter que cette association est née à Nantes.

Bien sûr, il y a également les festivals, plus à même de manger plus de films mais sur une période plus restreinte. Je ne vais pas établir une liste exhaustive mais simplement quelques incontournables.
- Le festival de Gerardmer : http://www.festival-gerardmer.com/
- Le Paris International Fantastic Film Festival : http://www.pifff.fr/
- Zone Bis, qui pilote l’Étrange Festival : http://www.zonebis.com
- Sans compter la traditionnelle Nuit Excentrique : www.nanarland.com  


En magasins, en neuf et d'occasion : 

Bien entendu, les Fnac, Virgin Megastore et autres Gibert ont toujours des rayons horreur / vieux films / asie un minimum fournis, avec des valeurs sûres en cinéma de genre ; On y retrouve sans trop de peine les éditions Bach Films (pour le meilleur et le pire), ainsi que celles du magazine Mad Movies par exemple qui rééditent les fonds de catalogue avec d'excellentes productions comme les gialli signés Mario Bava mais aussi des films édifiants, parfois du Jess Franco, "Le Lac des Morts-Vivants" en tête.

Certains supermarchés et hypermarchés également vendent du dvd au kilo, souvent des actioners bourrins difficiles à vendre ou qui commencent à sérieusement dater, comme les policiers ricains des 80's, les films de baston ou de guerre. Il s'agit souvent d'éditions très très lowcost de la part d'éditeurs parfois peu scrupuleux (comme Prism). Habitués de la flying jacket, vous pouvez vous retrouvez avec un visuel sympa mais pas avec le bon film. Les dvd bas prix dans les supermarchés sont désormais, de ce que j'en ais vu, un effet de mode qui tend à s'inverser au profit des dernières nouveautés qui n'ont rien de très bis.

Tentez également les boutiques d'occasion dans vos villes, spécialisées en DVD ou non (je vise essentiellement celles qui vendent en majorité des jeux-vidéos, des disques et des bandes dessinées) comme les O'CD.

Je ne peux pas passer sur le thème des divers Cash et autres trocantes qui jouissent d'un régulier flot de DVD d'occasion pour vraiment pas cher (compter de 1 à 5 euros, voire plus rarement à 50 centimes) avec un choix ma foi assez large mais brasse surtout du nanar et du navet lorsque l'on fouine leur stock de films de genre.Pourtant, d'excellentes surprises surviennent avec notamment la série des classiques de l'épouvante chez DVDY films (les Halloween, La Mouche...) qui inondent ces rayons, et ESI qui refourguent du bis avec deux films sur un seul dvd pour jamais plus de deux euros. On peut sans trop de mal trouver des Troma oubliés ou encore des nanars insondables ("Carnage"). En revanche, pour de la VHS, ça commence à devenir très très chaud d'en trouver, voire plutôt la rubrique internet.
Quelques liens pour trouver le cash le plus proche de chez vous :
- http://www.cashconverters.fr
- http://www.cashexpress.fr
- http://www.easycash.fr
- http://www.trocante.fr

La crème de la crème reste les magasins spécialisés dans ce genre de produit mais il faudra être chanceux (ou parisien) :
- Movies 2000 - 49 La Rochefoucauld - Paris - 75009 : spécialisé dans le fantastique et le genre, tenu historiquement par des membres de Mad Movies. 
- Vidéosphère : http://www.videosphere.fr gigantesque vidéoclub avec 40 000 références. 
(- toute adresse supplémentaire est la bienvenue)

Ceci est une image à but purement récréatif entre deux paragraphes [Cristina Lindberg, jolie suédoise habituée des bis seventies]
Je n'oublie pas les femmes [qu'elles ne me spamment pas pour savoir qui c'est]

Chez le marchands de journaux : 

Existant déjà à l'époque de la VHS, le faible coût actuel du DVD pérennise le filon du DVD vendu pas trop cher entre Le Monde et Entrevue, à condition qu'il ne soit pas de première fraîcheur ; Il peut arriver d'y trouver quelques perles. Le meilleur exemple reste un pack "horreur" composé de trois DVD double face (donc six films) pour à peine vingt euros. Du Troma, du gros navet, du gros gros nanar. 

A la télé : 

Depuis que les chaînes de la TNT, comme W9, TMC ou encore TF1 en seconde partie de soirée (entre autres) ont cessé de nous fourguer du nanar made in Nu Image au kilomètre, il va falloir se rabattre sur les chaines du câble et surtout celles offertes dans vos bouquet wifi, comme Neuf. Les chaînes qui valent le coup sont surtout Action (qui, il y a peu, passait du Jess Franco la nuit) ou encore Ciné FX qui racle les fonds de tiroirs en Eurociné, Jean Rollin et autres zéderies old school (mais il y a très régulièrement de bons petits films de genre, comme du Lucio Fulci)

Sur internet : 

Le monde de l'internet est grand, le monde de l'internet est vaste, le monde de l'internet est généreux, mais attention, il peut se montrer assez salaud par moments. On commence par les gros sites qui peuvent fournir de tout, c'est-à-dire www.ebay.fr, www.amazon.fr et www.priceminister.com ; Ça paraît tout bête, mais en cherchant bien (et avec les bons mots-clé), on tombe sur du lourd. Et c'est l'avantage pour chercher des films introuvables en DVD, soit en format VHS (Priceminister est particulièrement bien fourni). Attention toutefois à ne pas vous faire avoir. Certaines VHS sont en effet très recherchées ("Devil Story", "Fantasia"...) et les prix peuvent s'envoler jusqu'à une bonne centaine d'euros. Vérifiez également la respectabilité du vendeur grâce aux commentaires.

Internet est également l'occasion de fréquenter des établissement respectables et je parle ici d'un gros paquet de petits éditeurs qui se mettent en distribuer pas mal de curiosités ; De très nombreuses boites proposent bien des produits impensables pour d'inoubliables soirées. Bien évidemment, le mieux est de commander en France, pour des raisons de douanes mais aussi de langue. Pourtant, des boites américaines comme britanniques vendent des films vraiment, mais alors vraiment intéressants pour peu que l'on connaisse un peu la langue de Shakespeare, comme l'étonnant 5 minutes to live ou encore le délirant Something Weird. Attention, si vous commandez hors Union Européenne, ne vous faites pas avoir par les tarifs douaniers. Renseignez-vous bien sur les frais de port (mais aussi sur le zonage du DVD qui n'est pas le même d'un continent à l'autre). Voici une liste qui sera appelée à grossir avec le temps :
En France : 
- Bach Films
- Le Chat Qui Fume
- Shop Mad Movies
- Discounterie
- Uncut Movies
- Sin'Art
- Oh My Gore ! Shop
- Creepshop
Hors France : 
- 5 minutes to live (USA)
- Diabolik DVD (USA)
- Something Weird (USA)
- Blue Underground (USA)
- Super Strange Video (USA)
- Mondo Macabro (USA)
- DDDHouse (Hong Kong)

Internet, c'est aussi la possibilité de visionner des films dans le cadre du domaine public ; Suite à une situation juridique voulue (la série des "Flash Gordon") ou non ("La Nuit des morts-vivants" de Romero), certains films sont visibles gratuitement, et facilement téléchargeables sur des plateformes comme archives.org, ou encore disponibles en streaming :
- http://www.archive.org/details/moviesandfilms
- http://www.publicdomaintorrents.net
- J'ai également bien envie de partager l'adresse de la Caverne des Introuvables, qui s'évertue à offrir des films, de genre, rares, oubliés, bizarres, expérimentés de façon responsable, c'est-à-dire des films introuvables en format numérique. Une excellente adresse


Aàààà la chaaaaasse !!!


Je pense bien que les habitués n'y apprendront pas grand chose mais quelques débutants pourront y trouver quelques compléments d'information.
Si vous connaissez d'autres tuyaux, d'autres adresses, n'hésitez surtout pas à faire un petit commentaire, cet article étant avant tout un "brouillon".

mardi 15 novembre 2011

Mais pourquoi ?

Un blougue qui parle de films et d'autres trucs en relation avec les films, encore un !

La présence de ce petit logo, pourtant très avenant, à la couleur chaudement chatoyante, ne fait clairement pas penser à une exégèse amoureuse de l’œuvre d’Éric Rohmer. Ça non, on ne parle pas de film d'auteur français en ces pages, car je ne mange pas de ce pain-là, et puis c'est une maison sérieuse Monsieur ! (quoiqu'éventuellement plutôt à celle de Godard dans ses égarements maoïstes sous acide).
La présentation verbeuse de l'auteur ne semble pas spécialement évoquer les dernières productions françaises dont l'affiche promotionnelle arbore un bleu ciel caractéristique des grands navetons destinés à donner un nouveau souffle à la comédie française (haha) -et accessoirement à des acteurs au bout du rouleau, comme Franck Dubosc dans "Bienvenue à bord"-
Ni même les dernières superproductions qui passent et trépassent dans nos salles obscures, qu'il s'agisse du dernier James Cameron (histoire de dire qu'on l'a vu) ou d'un Christopher Nolan (nettement plus intéressant par contre)

Mais alors... c'est quoi tout ça ?

Je suis interrogation

On peut dire que Videomantik sera une plate-forme (navrante) où sera abordée la fange la plus (navrante) passionnante du septième art : divers courants d'exploitation y seront... exploités (!), y compris ceux incluant des nains. Le cinéma bis sera exhibé dans toute sa splendeur, étant volontiers ouvert aux délices du zombie, des thrillers érotiques italiens, des films d'aventures fauchés, mais aussi du fantastique dans toute sa splendeur, du cinéma de Hong-Kong, les vieux films de la Hammer mais aussi d'Universal...
Plus jusq'au-boutistes encore, on peut compter sur des mondos infâmes signés Jesus Franco, des films de zombies pas très zombies signés Jesus Franco, des thrillers sous crack signés Jesus Franco, de l'épouvante mal filmé signé Jesus Franco et... des... trucs... signés Jesus Franco. Et puis même si ce n'était pas signé Jesus Franco, j'aime quand même, quand c'est signé Jean Rollin. 
Encore plus pertinent pour briller lors des soirées mondaines, citons également le patrimoine exhumé par l'excellent site Nanarland, comme les ninjateries assemblées réalisées par Godfrey Ho, les navrants actioners bourrins des 80's, les délires expérimentaux à la "Eaux Sauvages" ou encore les films de montres en caoutchouc.

Certaines langues peu avisées diront que j'ai des goûts de naze.
Je ne dis pas le contraire. 

Bon, ok, j'aime aussi le cinéma dans une acceptation plus "classique". Clint Eastwood, Les frères Cohen, le cinéma asiatique (coréen, japonais), les drames, tout ça, ça me parle aussi et j'y reviendrais de temps en temps histoire de donner le change. 
Comment ça, je ne sais pas ce que je veux ?


J'arrête de dire des bêtises, et pour me faire pardonner, une petite curiosité trouvée sur un site britannique : l'affiche thaïlandaise du turbo-nanar "Zombie Holocaust", plus connu dans nos contrées sous le titre : "La Terreur des Zombies" (Marino Girolami, 1980) :